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Le Château de Chillon
Article About   Vaud< SWITZERLAND

Le Château de Chillon se trouve sur les rives du Lac Léman, à Veytaux en Suisse. De forme oblongue, il mesure 110 mètres de long pour 50 mètres de large, le donjon culmine à 25 mètres. C'est une importante attraction touristique.

S'il est difficile de remonter aux origines de ce lieu, des fouilles menées au XIXe siècle témoignent d'une occupation défensive (probablement sous la forme d'une double palissade) dès l'âge du bronze, vers 1800 avant J.-C. Fortifié ensuite par les Romains, Chillon reçoit un donjon carré à la fin du IXe siècle. Successivement occupé par la maison de Savoie puis par les Bernois dès 1536 jusqu'en 1798, il appartient désormais à l'État de Vaud et est classé comme monument historique.durant des fouilles au XIXe siècle ainsi que des vestiges datant de l'âge du bronze. À partir d'une double palissade en bois, les Romains auraient fortifié l'emplacement avant qu'un donjon carré ne soit ajouté au Xe siècle. Mais ce n'est qu'en 1150 que le château de Chillun est mentionné dans un texte relatif à un transfert de propriété entre les évêques de Sion et les comtes de Savoie.

La période des comtes de Savoie [modifier]

La maison de Savoie transforme la forteresse, alors Castrum Quilonis, et l'agrandit durant le XIIIe siècle tout en conservant l'ancienne chapelle. Les Savoyards veulent étendre leur suprématie sur le pays de Vaud et les zones limitrophes. Le château n'est pas voué qu'à un but militaire, il sert également de résidence pour les comtes. Thomas Ier de Savoie y séjourne aux alentours de 1230. Lui et son fils, Pierre II de Savoie, « le Petit Charlemagne », vont réorganiser la région proche du château en construisant des bourgs, en dominant le Chablais vaudois et en créant la « Patria Vuaudi ». Un péage important est installé à « Villeneuve de Chillon » (1214), l'actuel village de Villeneuve.

Pierre se voit remettre les clés du château en 1253 et conforte sa présence sur les rives du lac jusqu'à Aubonne. Pour être à la hauteur des ambitions guerrières de son propriétaire, l'enceinte du château est renforcée et on surélève trois tours construites en 1235.

Pierre II confie les travaux à Pierre Mainier, un architecte et maçon spécialisé dans les ouvrages militaires. Les rénovations architecturales entreprises sur le château durant cette période sont imposantes. L'édifice compte 25 bâtiments ; une grande salle est aménagée dans le donjon pour les réceptions et les résidents. On aménage une caserne, un arsenal et les nouvelles tours permettent de mieux protéger la flottille basée à Villeneuve de Chillon.

Le territoire de la maison de Savoie est alors divisé en bailliages, le baillage du Chablais est géré depuis le château de Chillon. Pierre revient au château peu avant sa mort en 1268. Plusieurs comtes se succèdent durant un siècle mais leurs campagnes militaires les empêchent de résider en permanence au château. Le château sert de prison dès le milieu du XIVe siècle, des souterrains permettent de stocker du matériel et du vin. Dans un souci de noblesse, l'intérieur du château est embelli sous l'impulsion de Aymon de Savoie dit « le Pacifique » qui engage Jean de Grandson pour réaliser les peintures des chambres et des grandes salles.

Amédée VI de Savoie, surnommé « le Comte Vert » lance une expédition dans le pays de Vaud en 1359 et fait quelques étapes par Chillon. Mais les comtes suivants comme le « Comte Rouge » préfèrent déléguer la gestion du bailli à un châtelain qui reste dans le bâtiment durant toute l'année. Le château est humide et le froid qui y règne le rend peu confortable. Cela n'empêche toutefois pas l'antipape Félix V d'y résider en 1442.

Dans la prison et les cachots humides du sous-sol croupissent les bandits et les hérétiques de la région. Chillon est le lieu de détention entre 1530 et 1536 de François Bonivard, sujet d'un poème de Lord Byron en 1816, Le Prisonnier de Chillon (The Prisoner of Chillon).

Avec la montée en puissance de ses ennemis, la maison de Savoie, devenue un duché n'arrive plus à gérer son large territoire.

Le château constitue une sorte d'enclave dans le territoire bernois. Au sud, le Chablais et le château d'Aigle sont occupés par Berne dès 1475. La même année, les propriétés de la Savoie au nord du Pays de Vaud (Grandson, Orbe, Echallens) cèdent sous l'avancée des confédérés. Pendant plusieurs dizaines d'années, les Bernois affaiblissent un duché chancelant et miné par les conflits avec le duché de Bourgogne et le roi de France Louis XI, le tout accompagné d'une vague de protestantisme. Les Bernois s'impatientent et décident d'en finir avec ce duché devenu trop encombrant. En 1536, aidé par les Genevois qui désiraient libérer leurs prisonniers enfermés à Chillon, les Bernois préparent le siège de Chillon.

Le 20 mars 1536, une centaine de soldats genevois embarquent sur quatre navires de guerre et quelques autres vaisseaux. Les Bernois de leur côté arrivent le 26 mars aux abords de Lutry, à une vingtaine de kilomètres de Chillon. Des coups de canons résonnent et le duc de Savoie alors en charge de Chillon ordonne, si les troupes bernoises apparaissent, de soumettre les prisonniers de Genève à l'estrapade à deux reprises, et de les exécuter sans hésitation. Le lendemain matin, les Bernois arrivent à Veytaux et les Valaisans profitent de l'occasion pour s'attaquer également aux Savoyards par le sud. Les bateaux genevois quant à eux encerclent le château. Pris en tenaille par une forte artillerie, les responsables savoyards entament des négociations. La garnison s'échappe durant la nuit et débarque à Lugrin, poursuivie par les Genevois, avant de disparaître dans la nuit. Les attaquants décident alors d'entrer dans le château, brisent les portes et les chaînes et découvrent plusieurs prisonniers dont Bonivard dans le donjon, affaibli par 6 ans de détention mais encore vivant.

Le château, partiellement endommagé par le feu lors de l'attaque, est rénové mais reste fort peu accueillant. Les Bernois ne changent pas l'architecture globale de la forteresse mais convertissent certains bâtiments en lieux de stockage, réserves, cuisines et petites casernes. Sa charge administrative change, le bailli qui y vit doit s'occuper de la région de Vevey. En 1627, le chasteau fort de Chillion possède plusieurs pièces de canons et la munition. À partir de 1656, il sert de port principal sur le Léman pour la flotte de guerre bernoise.

Cette occupation bernoise dure jusqu'en 1733, date à laquelle le bailli déménage à Vevey pour des raisons d'insalubrité. En 1793, le château est converti en un hôpital pour les blessés de guerre. Mais la présence bernoise s'affaiblit progressivement face à la volonté du Pays de Vaud d'accéder à l'indépendance.

Le 11 janvier 1798, un groupe de Veveysans investit le château et chasse le bailli bernois qui est remplacé par une poignée de gendarmes et de surveillants. Le signe de la présence bernoise reste toutefois encore bien visible sur le flanc sud du château avec une fresque aux couleurs de Berne qu'il est possible de voir depuis la rive. L'indépendance du Pays de Vaud et la création de la « République Lémanique » est officiellement déclarée le 24 janvier 1798. Après une période trouble due à la présence des troupes françaises jusqu'en 1802, le château perd définitivement son utilité en tant que forteresse.

Au cours du XVIIIe siècle, on comble la fosse qui borde le flanc est du château. Ce n'est qu'au cours des restaurations ultérieures qu'on remettra en état ces douves naturelles. En 1835, la forteresse est convertie en entrepôt pour l'artillerie et subit quelques modifications pour faciliter le passage des canons. En 1866, le donjon accueille des archives et le château de Chillon sert de prison militaire. Cette utilisation est de courte durée, une association est fondée en 1887 pour restaurer l'édifice. Après avoir été élevé au rang de monument historique en 1891, des fouilles sont entreprises. Celles-ci mettent à jour en 1896 des vestiges romains et permettent de mieux comprendre l'histoire du château.

Dès la fin du XVIIIe siècle, le château attire les écrivains romantiques. De Jean-Jacques Rousseau à Victor Hugo en passant par Alexandre Dumas, Gustave Flaubert et Lord Byron, le château inspire les poètes du monde entier. Hugo dira « Chillon est un bloc de tours sur un bloc de rochers ». Certaines restaurations, inspirées par la vision romantique de l'esthétisme, se firent d'ailleurs au détriment de la véracité historique. En 1900, l'architecte Albert Naef continue les travaux de restauration pour aboutir à l'état actuel de l'édifice. Il refait l'intérieur et les tapisseries de certaines pièces comme la grande salle du bailli, appelée aussi la « grande cuisine bernoise ».

En 1939, le château accueille déjà plus de 100 000 visiteurs. La proximité avec la ville de Montreux n'est pas étrangère à cet engouement. Le succès ne cesse de croître au fil des ans et le monument enregistre désormais plus de 300 000 visites par année. Grâce aux restaurations, le château est en excellent état et donne une bonne vision de l'architecture féodale.
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